Les clés du livre
À 45 ans, je me suis lancé dans un projet en suspens depuis plus de dix ans. Ce n’était pas le temps qui me manquait, mais la motivation. Aujourd’hui, c’est la nécessité qui me pousse. Oui, c’est nécessaire. Je dois relever le défi de retourner aux études : des études choisies et ardemment souhaitées. Il n’y a aucun enjeu professionnel derrière ce choix, simplement une nécessité intellectuelle.
J'ai toujours été fasciné par celles et ceux qui savent lire un livre au-delà du simple texte, quand ma propre lecture, elle, reste superficielle.
La Métamorphose de Kafka est l’un des romans que j’ai le plus lus. Ce n’est pas un volume imposant rédigé dans une police miniscule, qui décourage le lecteur dès le premier regard. Une centaine de pages : le livre est, de prime abord, accessible et peu décourageant. Son format vous plonge immédiatement dans l’ambiance et laisse entendre que sa lecture est tout à fait accessible.
Néanmoins, cette centaine de pages renferme plusieurs clés de lecture qui, une fois saisies, lui donnent tout son sens. Au-delà de la lecture vient le processus de digestion littéraire, ce moment calme qui vous fait revenir sur le fond du texte, dans ses entrailles. Avec les bons repères, cette réflexion se déploie naturellement et ouvre un espace où l’imagination peut mûrir, avant, peut-être, de déboucher sur l’écriture.
En plus de lire, j’aime écrire, sans avoir jamais franchi le pas d’un exercice régulier. Encore faut-il disposer de quelques repères pour faciliter ce processus d’expression. Je ne sais plus de qui est cette citation, mais elle dit en substance que l’oral apporte l’aisance et que l’écriture apporte la précision.
Afin de mettre toutes les chances de mon côté, je me suis inscrit en première année de licence de lettres modernes, en formation à distance. En suivant ce cursus, je ne souhaite pas forcément me trouver, mais plutôt acquérir les outils nécessaires, accéder à un savoir structuré et organisé pour appréhender comme il se doit cette ami froid qu’est le livre — une formule attribuée à Victor Hugo.
Contre toute attente, l’inscription à l’université représente un coût. J’accepte cette dépense parce que je n’y cherche aucun avantage professionnel, mais la possibilité de penser différemment, de lire autrement et, en définitive, d’écrire autrement.